Reims
Marne · France
VilleEntre 888 et 922, Reims accueille la seconde consécration d’Eudes, le sacre rival de Charles le Simple puis celui de Robert Ier. L’église de Saint-Remi offre à des coalitions opposées le même langage public : choix des princes, onction religieuse et proclamation d’un roi.
Reims, l’ancienne Durocortorum, reste l’une des grandes cités du nord de la Gaule. Son siège épiscopal, ses communautés religieuses et sa position entre Bassin parisien, Meuse et Rhin en font un lieu de rencontre pour les princes et les prélats.
Le baptême de Clovis par l’évêque Remi inscrit la ville dans la mémoire franque. Après le partage de 511, Reims devient aussi le principal centre du royaume de Thierry Ier. Ce passé donne du prestige aux cérémonies, à une époque où plusieurs autres villes peuvent encore accueillir le choix ou la consécration d’un souverain.
Eudes y reçoit une seconde consécration le 13 novembre 888, avec une couronne envoyée par Arnulf de Germanie. Cinq ans plus tard, l’archevêque Foulques fait consacrer Charles le Simple à Saint-Remi contre lui. Le même sanctuaire sert donc deux prétentions rivales et donne à chacune une forme religieuse publique.
En juin 922, les opposants à Charles choisissent Robert puis le font consacrer à Saint-Remi par Gautier de Sens. L’archevêque de Reims, Hervé, est mourant ; l’église, le tombeau de Remi et l’assemblée des princes donnent toutefois à la cérémonie une portée qui dépasse la personne du prélat.
Reims devient progressivement le lieu privilégié du sacre royal au cours des siècles suivants. Les Robertiens montrent une étape décisive de cette histoire : la ville possède déjà assez de prestige pour renforcer un roi, et assez d’enjeu pour accueillir des consécrations concurrentes.