Carolingiens
751 – 987
2 siècles13 roisCharlemagne occupe une telle place dans la mémoire européenne qu’il pourrait presque faire oublier sa propre dynastie. L’héritage carolingien dépasse pourtant largement le souvenir d’un empereur conquérant.
Le premier legs est politique et religieux. Avec Pépin puis Charlemagne, le sacre rapproche fortement la royauté de l’Église. Le roi n’est pas seulement celui qui hérite ou qui conquiert : son pouvoir reçoit également une consécration religieuse. Les dynasties françaises suivantes conserveront cette idée et lui donneront progressivement l’une de ses expressions les plus célèbres avec le sacre des rois à Reims.
L’époque carolingienne laisse aussi un héritage culturel considérable. Les ateliers de copie des monastères et des églises, les scriptoria, reproduisent des manuscrits religieux mais également des œuvres antiques. La minuscule caroline facilite cette transmission grâce à une écriture plus homogène et plus lisible. Une partie de ce que nous pouvons encore lire de l’Antiquité est passée par ces copies médiévales.
Enfin, les Carolingiens transmettent quelque chose qu’ils n’avaient certainement pas recherché : la fragmentation de leur empire. Le traité de Verdun de 843 n’est pas « l’acte de naissance de la France » et il serait trompeur de le présenter ainsi. Mais la Francie occidentale attribuée à Charles le Chauve acquiert progressivement une trajectoire distincte de la Francie orientale.
Lorsque les Carolingiens perdent définitivement la couronne en 987, le royaume reste politiquement morcelé et le pouvoir royal paraît parfois bien faible face aux grands princes territoriaux.
C’est précisément de ce royaume qu’héritent les Capétiens.