Radegonde
Décédé(e) en 587
La conquête de la Thuringe fait basculer la vie de Radegonde. Issue de la famille royale vaincue, elle est emmenée avec son jeune frère et attribuée à Clotaire. Élevée dans le domaine royal d’Athies, elle reçoit une formation qui associe culture de cour et pratique chrétienne, avant d’être mariée au roi.
Les récits insistent sur la distance qu’elle maintient avec la vie royale. Après la mise à mort de son frère sur ordre de Clotaire, Radegonde quitte la cour et cherche auprès de l’évêque Médard de Noyon une consécration religieuse. Les textes hagiographiques dramatisent cette rupture ; ils éclairent néanmoins un choix durable, celui de soustraire son existence au mariage royal.
À Poitiers, elle fonde une communauté féminine dont elle confie la direction à Agnès. Le monastère adopte une règle exigeante et reçoit plus tard une relique de la Croix, à l’origine du nom de Sainte-Croix. Radegonde reste proche de la communauté sans en devenir l’abbesse. Venance Fortunat, puis Baudonivie, racontent sa vie ; avec Grégoire de Tours, ils permettent de suivre son parcours tout en imposant de distinguer l’expérience historique du modèle de sainteté. Elle meurt en 587.