Childéric II devient roi alors qu’il est encore enfant. Il est placé sur le trône d’Austrasie sous la tutelle des grands du royaume, dans un monde où la royauté mérovingienne existe toujours, mais où l’autorité réelle dépend de plus en plus de ceux qui entourent le roi. Son enfance se déroule loin de toute autonomie politique, dans un cadre strictement contrôlé par l’aristocratie.
En grandissant, Childéric tente de s’affirmer. Il n’accepte pas complètement le rôle de roi passif que son époque semble lui assigner. Lorsqu’il hérite également de la Neustrie et de la Bourgogne, il se retrouve à la tête d’un royaume vaste, mais fragile. Cette concentration de pouvoir aurait pu faire de lui un souverain fort. Elle révèle surtout les tensions profondes entre le roi et les élites qui l’ont porté jusque-là.
Childéric gouverne de manière autoritaire. Il cherche à imposer son autorité, sanctionne durement ceux qui lui résistent, et n’hésite pas à user de la violence contre les grands du royaume. Cette manière de régner choque une aristocratie déjà peu disposée à accepter un retour à une royauté forte. Le roi ne compose pas : il tranche, il punit, il impose. Ce style de gouvernement le place rapidement en opposition frontale avec ceux dont il dépend pourtant pour gouverner.
Le conflit atteint son point de rupture lorsque Childéric s’attaque à des figures majeures de l’aristocratie et de l’Église. Il franchit des lignes que ses prédécesseurs avaient appris à ne plus dépasser. Isolé, contesté, il devient vulnérable. En 675, il est assassiné avec sa famille. Sa mort est brutale, sans tentative de compromis de dernière minute.
Le règne de Childéric II s’achève ainsi dans la violence. Il laisse derrière lui un royaume encore plus méfiant à l’égard d’un pouvoir royal trop affirmé. Sa trajectoire montre un roi qui a voulu reprendre la main dans un système qui ne le permettait plus, et qui en a payé le prix fort.