Clotaire IV n’accède pas au trône par héritage naturel ni par conquête. Il est choisi. À ce moment de l’histoire, la royauté mérovingienne est devenue un outil politique que l’on sort quand il faut stabiliser une situation ou légitimer une prise de pouvoir. Clotaire est sélectionné pour cela : il porte le bon nom, il ne menace personne, il confirme une continuité sans la diriger.
Son règne est entièrement dépendant de ceux qui l’ont placé là. Il n’a pas de base personnelle, pas de réseau propre, pas de marge d’initiative. Il règne dans un cadre déjà écrit, où les décisions essentielles se prennent ailleurs. Rien n’indique qu’il ait tenté de s’émanciper ; rien n’indique non plus qu’on le lui aurait permis. Sa fonction est claire, étroite, temporaire.
Sa disparition est rapide et sans conséquence durable. Le royaume ne vacille pas, le pouvoir ne se réorganise pas autour de lui. Clotaire IV permet de comprendre quelque chose de décisif : à ce stade, le roi peut être installé, utilisé, puis remplacé sans que cela ne change la direction de l’histoire. Sa vie royale n’est pas insignifiante ; elle est strictement instrumentale.