Valois
1328 – 1498
2 siècles7 roisLes Valois accèdent au trône en 1328 à la suite d’une succession contestée et affrontent presque aussitôt l’une des plus graves crises de la monarchie française. Guerre de Cent Ans, peste, guerre civile et occupation anglaise menacent le royaume, avant que Charles VII et ses successeurs ne restaurent l’autorité royale et ne laissent une monarchie profondément transformée.
Les Valois sont eux aussi des Capétiens.
Philippe VI, premier roi de la dynastie, descend de Philippe III le Hardi par son père Charles de Valois. Lorsqu’en 1328 Charles IV meurt sans fils, Philippe appartient donc à une branche cadette de la même grande famille. Les grands du royaume le choisissent de préférence à Édouard III d’Angleterre, pourtant petit-fils de Philippe IV le Bel par sa mère.
La décision règle la succession.
Elle n’éteint pas la contestation.
Quelques années plus tard commence ce que nous appelons la guerre de Cent Ans : non pas cent années de combats continus, mais une longue succession de guerres, de trêves et de reprises des hostilités entre les royaumes de France et d’Angleterre, principalement de 1337 à 1453. Les rois anglais revendiquent la couronne de France tout en cherchant également à préserver ou récupérer les importants territoires qu’ils possèdent sur le continent. Les rois de France, eux, veulent défendre leur couronne et reprendre le contrôle de ces possessions.
La nouvelle dynastie entre donc presque immédiatement dans une crise qui va durer plusieurs générations.
Les débuts sont désastreux. À Crécy en 1346, l’armée de Philippe VI subit une lourde défaite face aux Anglais. Calais tombe l’année suivante. En 1356, à Poitiers, le roi Jean II le Bon est lui-même capturé.
Et la guerre n’est pas le seul malheur de l’époque.
À partir de 1348, la peste noire frappe l’Europe et tue une part considérable de la population. Les campagnes subissent les passages des armées et des bandes de soldats. Pour payer la guerre et la rançon du roi captif, le pouvoir réclame davantage de ressources. À Paris, Étienne Marcel, prévôt des marchands — l’un des principaux représentants de la bourgeoisie parisienne — tente d’imposer un contrôle plus important sur le gouvernement royal.
La monarchie valois vacille.
Charles V, devenu roi en 1364, choisit alors une stratégie plus prudente. Plutôt que de rechercher systématiquement les grandes batailles dans lesquelles la chevalerie française a déjà subi de terribles défaites, il reconquiert progressivement les territoires perdus. Il s’appuie notamment sur Bertrand du Guesclin, grand chef de guerre devenu connétable, c’est-à-dire l’un des principaux responsables militaires du royaume.
À la mort de Charles V, une grande partie du terrain perdu a été reprise.
Mais son fils Charles VI n’a que onze ans lorsqu’il devient roi. Plus tard, à partir de 1392, il est régulièrement frappé de graves crises de maladie mentale qui l’empêchent par moments de gouverner. Les princes de son entourage se disputent alors l’influence et le contrôle du pouvoir.
Cette rivalité finit par déchirer le royaume.
Deux grands camps français s’affrontent : les Armagnacs, liés au parti de la maison d’Orléans, et les Bourguignons, partisans des puissants ducs de Bourgogne. Il ne s’agit donc pas simplement d’une guerre entre « Français et Anglais » : une guerre civile française vient se superposer au conflit avec l’Angleterre.
Les Anglais profitent de cette division.
En 1415, le roi Henri V d’Angleterre inflige à la France la terrible défaite d’Azincourt. Cinq ans plus tard, le traité de Troyes de 1420 va encore beaucoup plus loin : Henri V est reconnu comme héritier de Charles VI, tandis que le propre fils de Charles VI, le dauphin Charles, est écarté de la succession.
Lorsque Charles VI et Henri V meurent tous les deux en 1422, une situation extraordinaire apparaît. Les partisans anglais reconnaissent le tout jeune Henri VI d’Angleterre comme roi de France et d’Angleterre. De son côté, le dauphin se proclame roi sous le nom de Charles VII.
La France a donc deux rois revendiqués par deux camps.
Charles VII contrôle principalement le centre et le sud du royaume et sa position est si fragile que ses adversaires le surnomment parfois avec mépris le « roi de Bourges ».
En 1429, une jeune femme venue de Domrémy arrive auprès de lui à Chinon : Jeanne d’Arc.
Son rôle ne consiste pas à gagner seule la guerre de Cent Ans. Mais son intervention provoque un immense basculement symbolique et politique. Le siège d’Orléans est levé en mai 1429. Jeanne pousse ensuite Charles VII à se rendre à Reims, ville traditionnelle du sacre des rois de France.
Le 17 juillet, Charles y est sacré.
Dans une guerre où l’on se dispute justement la question de savoir qui est le roi légitime de France, ce geste est considérable : Charles VII ne se contente plus de revendiquer la couronne. Il reçoit le rite qui, depuis des siècles, manifeste la légitimité monarchique française.
Jeanne est capturée en 1430 par les Bourguignons, livrée aux Anglais et brûlée à Rouen en 1431. La guerre, elle, continue encore plus de vingt ans.
Et c’est là que le règne de Charles VII prend toute son ampleur.
Le roi se réconcilie avec le duc de Bourgogne en 1435, privant les Anglais d’un allié essentiel. Il renforce progressivement son armée et organise des unités permanentes davantage contrôlées par la monarchie. Il consolide également les ressources fiscales nécessaires pour les entretenir.
La Normandie est reconquise. Puis vient la Guyenne, grande possession anglaise du sud-ouest. En 1453, après la victoire française de Castillon et la reprise de Bordeaux, l’Angleterre ne conserve plus que Calais sur le territoire français.
La guerre de Cent Ans s’achève sans grand traité final spectaculaire. Elle s’éteint surtout parce que les Anglais ont perdu presque toutes leurs possessions.
Louis XI hérite donc en 1461 d’une monarchie qui a survécu au risque de disparition. Il doit encore affronter de très grands princes, notamment Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, dont les territoires constituent presque un État entre la France et le monde germanique. Après la mort du duc en 1477, une partie importante de ses possessions revient à la couronne ou passe sous son influence.
À la fin du siècle, le rapport entre le roi et les grands princes n’est plus celui du début des Valois.
Charles VIII peut même porter ses ambitions hors du royaume. En 1494, il traverse les Alpes avec son armée et intervient dans la péninsule italienne, ouvrant la période des guerres d’Italie.
Lorsqu’il meurt accidentellement en 1498 sans enfant survivant, la branche directe des Valois s’éteint.
La couronne passe à son cousin Louis d’Orléans, qui devient Louis XII.
France Royale entre alors dans la dynastie des Valois-Orléans.