Roi établi à Orléans après le partage de 511, Clodomir mène l’offensive contre le royaume burgonde. Sa mort à Vézeronce en 524 ouvre une crise de succession dont ses fils sont les victimes.
Clodomir règne treize ans, mais les sources le font surtout apparaître dans les deux dernières années de sa vie, lorsqu’il porte la guerre chez les Burgondes. Fils de Clovis et de Clotilde, il appartient à la génération qui reçoit le royaume en 511 ; son année de naissance demeure inconnue.
En 511, il reçoit une part du royaume franc organisée autour d’Orléans, avec des possessions dans la vallée de la Loire et en Aquitaine. Les contours exacts du partage sont mal connus et ne dessinent pas un territoire compact.
Clodomir épouse Guntheuca et a trois fils, Théodoald, Gunthar et Clodoald. Ces enfants sont encore jeunes lorsque leur père disparaît, ce qui rend leur capacité à lui succéder particulièrement fragile.
En 523, les rois francs attaquent le royaume burgonde. Grégoire de Tours explique l’offensive par le désir de Clotilde de venger sa famille, mais cette mise en scène morale n’épuise pas les causes politiques : la crise ouverte par Sigismond offre aussi une occasion d’intervention.
Sigismond est capturé et détenu dans le territoire d’Orléans. Avant de repartir en campagne, Clodomir ordonne sa mise à mort avec sa femme et ses enfants. Les corps sont jetés dans un puits à Columna, localité généralement identifiée près d’Orléans.
En 524, Clodomir affronte à Vézeronce les forces de Godomar, frère de Sigismond. Selon Grégoire, il s’éloigne de ses hommes pendant la poursuite, se laisse tromper par l’appel de soldats ennemis et est tué puis décapité.
La mort du roi ne livre pas immédiatement une succession réglée. Guntheuca épouse bientôt Clotaire, tandis que Clotilde accueille ses petits-fils. Le royaume de Clodomir devient l’objet des ambitions de ses frères.
À une date que la chronique ne permet pas de fixer sûrement, Childebert et Clotaire font tuer les deux fils aînés de Clodomir. Clodoald échappe au massacre, renonce à la chevelure royale et choisit la vie religieuse.
La mémoire de Clodomir dépend de Grégoire de Tours, qui ordonne le récit autour de la faute et du châtiment. La proximité entre l’exécution de Sigismond et la mort du roi est historique ; l’interprétation d’une justice divine appartient au projet moral du chroniqueur.