Un nouvel empereur, un Empire qui demeure
Anastase meurt en 518, sept ans après l’avènement de Clodomir. Justin Ier devient empereur à Constantinople. Les provinces orientales de l’ancien monde romain conservent donc un souverain, des villes et une administration fiscale, alors que la Gaule est gouvernée par plusieurs rois. Ce décalage aide à situer le royaume d’Orléans : il appartient à l’Occident transformé par les nouvelles dynasties, mais reste contemporain d’un Empire romain encore puissant.
Sigismond et l’Église burgonde
En 515, Sigismond soutient la fondation de Saint-Maurice d’Agaune, dans les Alpes, où des groupes de moines assurent une prière continue. En 517, les évêques du royaume burgonde se réunissent au concile d’Épaone pour régler la discipline de leurs Églises. Clodomir attaque quelques années plus tard un royaume qui possède ainsi sa propre vie chrétienne et ses institutions religieuses. Les guerres entre Francs et Burgondes opposent aussi des pouvoirs capables de patronner des sanctuaires et de rechercher l’appui des évêques.
À Longmen, la cour se fait sculpter en prière
Dans les grottes bouddhiques de Longmen, près de Luoyang, un relief réalisé vers 522–523 représente l’empereur défunt Xiaowen entouré de sa cour en procession. Le chantier, commandé par son fils, associe offrandes religieuses et mémoire familiale. Ces figures sont sculptées alors que Clodomir approche de sa campagne contre les Burgondes. Elles donnent un repère concret à la diffusion du bouddhisme en Chine : la religion venue d’Inde devient aussi un langage monumental de la dynastie régnante.
Boèce écrit face à sa condamnation
En Italie, Boèce, un aristocrate romain au service du roi ostrogoth Théodoric, est emprisonné et condamné. Vers 523–524, il compose la Consolation de Philosophie : un dialogue avec la Philosophie personnifiée, qui interroge la fortune, le bonheur et la justice. Clodomir vit ses dernières années lorsque s’élabore cette œuvre appelée à être beaucoup lue au Moyen Âge. Elle donne un visage à la pensée latine qui se poursuit dans les royaumes issus de l’Empire romain.
Aksoum au carrefour de la mer Rouge
Aksoum, dans les hautes terres de l’actuelle Éthiopie et de l’Érythrée, s’ouvre sur la mer Rouge par le port d’Adulis. Des produits africains, notamment l’ivoire, y rejoignent les échanges entre l’océan Indien et la Méditerranée. Sa royauté est chrétienne depuis le IVe siècle et frappe des monnaies portant la croix. Au temps de Clodomir, un royaume chrétien ancien et marchand prospère donc bien au-delà des provinces européennes de l’ancien Empire romain.
L’Inde du Nord après l’apogée gupta
Dans l’Inde du Nord, l’affaiblissement des Guptas laisse davantage de place aux dynasties régionales, sous la pression de conflits et d’invasions huna. Pourtant, les traditions artistiques de l’époque gupta continuent de circuler : les images du Bouddha inspirent les ateliers jusque dans les régions du nord-ouest. Pendant les années où Clodomir règne à Orléans, le recul d’un pouvoir impérial ne signifie donc pas l’arrêt des échanges culturels. La carte des souverains change plus vite que les formes transmises par les artisans.
Deux foyers impériaux en Chine
La Chine de Clodomir est divisée. Au sud, l’empereur Wu des Liang gouverne depuis Jiankang, l’actuelle Nankin, et sa cour soutient les lettres et le bouddhisme. Au nord, les Wei règnent depuis Luoyang. Les deux pouvoirs se réclament d’une tradition impériale, mais aucun ne rassemble alors l’ensemble du pays. Cette coexistence permet de comparer deux manières de vivre la pluralité politique : plusieurs cours impériales en Chine, plusieurs fils de Clovis détenteurs de la royauté en Gaule.
Les cités mayas inscrivent leurs dynasties
Au début du VIe siècle, des souverains mayas font graver sur les monuments de leurs cités les étapes de leur vie dynastique et de leurs cérémonies. Des dates précises ordonnent cette mémoire, destinée à affirmer l’ancienneté et la légitimité du pouvoir. Pour Clodomir, nous dépendons surtout d’un récit écrit plus tard par Grégoire de Tours ; dans le monde maya, les inscriptions royales offrent une autre manière de conserver le temps des règnes. Elles expriment elles aussi le point de vue de ceux qui gouvernent.