Roi établi à Soissons en 511, Clotaire Ier agrandit progressivement sa part jusqu’à réunir sous son autorité l’ensemble du royaume franc en 558. Cette réunion, brève, s’achève à sa mort par un nouveau partage entre ses fils.
De tous les fils de Clovis appelés à régner en 511, Clotaire est le dernier à mourir. Le plus jeune des fils de Clotilde, dont la naissance n’est pas précisément datée, voit en cinquante ans disparaître ses frères puis les rois issus de Thierry. Cette longévité lui ouvre des successions qu’aucun partage initial ne lui réservait.
Soissons constitue sa première base. Sa part comprend des terres du nord de la Gaule et des possessions éloignées en Aquitaine, qu’il gouverne en circulant entre domaines, résidences et lieux de campagne. Ses déplacements font partie de l’exercice ordinaire du pouvoir.
Après la mort de Clodomir en 524, Clotaire épouse sa veuve Guntheuca. Avec Childebert, il élimine ensuite deux de ses neveux et partage une partie de l’héritage.
Vers 531, Clotaire accompagne Thierry dans la conquête du royaume thuringien. Il ramène captive Radegonde, qu’il épouse plus tard. Celle-ci se retire finalement à Poitiers et y fonde une communauté religieuse.
Clotaire prend part à la reprise de la guerre contre les Burgondes. En 534, avec Childebert et Théodebert, il met fin au règne de Godomar et participe au partage de l’ancien royaume.
Avec Childebert, il franchit les Pyrénées en 541 ou 542 et atteint Saragosse. L’armée se retire sans prendre la ville. Les deux frères, capables d’unir leurs forces pour une campagne lointaine, n’obtiennent ici aucun agrandissement durable comparable à la conquête burgonde.
Les mariages de Clotaire accompagnent plusieurs de ses prises de pouvoir. À la veuve de Clodomir, Guntheuca, s’ajoute plus tard celle de Théodebald, Vuldetrade, dont il se sépare après les remontrances des évêques rapportées par Grégoire. La chronologie de l’ensemble de ses unions reste incomplète.
La mort de Théodebald en 555 permet à Clotaire de prendre le royaume issu de Thierry. Trois ans plus tard, la mort de Childebert lui livre aussi le royaume de Paris. Il devient alors le seul roi mérovingien en exercice.
Cette réunion de 558 ne supprime ni les identités régionales ni la logique des partages. Elle résulte d’une série de décès et d’appropriations plus que d’un programme visant à créer une monarchie centralisée.
Son fils Chramn, envoyé en Aquitaine, y construit une autorité propre et s’allie à Childebert. Après plusieurs ruptures, il se réfugie en Bretagne. Clotaire le vainc vers 560 ; selon Grégoire de Tours, il ordonne alors de le faire périr avec sa femme et ses filles.
Grégoire de Tours rapporte que Clotaire se rend ensuite au tombeau de saint Martin, à Tours, pour demander pardon de ses actes. Le récit fait entrer le remords du roi dans la lecture chrétienne de l’histoire.
Clotaire meurt de maladie en 561 dans une résidence de Compiègne, après une chasse en forêt de Cuise. Ses fils le transportent à Soissons et l’ensevelissent dans l’église de Saint-Médard.
Charibert, Gontran, Chilpéric et Sigebert se partagent le royaume en 561. Paris, Orléans, Soissons et Reims redeviennent les principaux sièges de quatre parts royales, trois ans seulement après leur réunion sous Clotaire.