Radegonde, captive puis reine
Emmenée de Thuringe après la victoire franque située vers 531, Radegonde grandit dans un domaine de Clotaire avant de devenir son épouse. Mais la captivité ne s’efface pas avec le titre de reine. Après la mise à mort de son frère, attribuée à Clotaire, elle quitte la cour et cherche auprès de l’évêque Médard une consécration religieuse. Les récits de sa vie présentent cette rupture comme une victoire spirituelle. Son établissement ultérieur à Poitiers lui donne surtout une existence durable hors du mariage auquel la conquête l’avait conduite.
Un royaume et la veuve de son roi
En 555, Théodebald meurt et Clotaire prend possession de son royaume. Grégoire rapporte qu’il s’unit aussi à sa veuve Vuldetrade, une princesse lombarde. Les évêques le réprimandent ; Clotaire s’en sépare et la donne en mariage au duc Garibald. La transmission des terres s’accompagne ici d’une tentative de s’approprier une alliance dynastique. Les évêques obtiennent cependant que le bénéficiaire de l’héritage renonce à l’union qui l’accompagnait.
David contre Absalom
Vers 560, Clotaire marche contre son fils Chramn, réfugié en Bretagne après s’être révolté. Grégoire le montre priant Dieu de trancher leur querelle comme celle de David et de son fils Absalom, dans la Bible. Le roi se présente donc comme un père offensé qui demande justice. La suite du récit est terrible : Chramn est capturé avec sa femme et ses filles, et Clotaire ordonne leur mort. La référence biblique éclaire la manière dont le chroniqueur raconte la guerre familiale ; elle ne transforme pas le supplice en décision moralement incontestable.
La dernière phrase prêtée au roi
Après une chasse dans la forêt de Cuise, Clotaire est pris de fièvre et revient à sa résidence de Compiègne. Grégoire de Tours lui prête alors une dernière interrogation : quelle puissance possède donc le roi du ciel, pour faire mourir ainsi les grands rois de la terre ? Celui qui a survécu à ses frères et réuni leurs royaumes rencontre en 561 une limite qu’aucun héritage ne repousse. La parole nous parvient par un auteur chrétien écrivant après les faits. Elle donne à cette mort une signification religieuse, sans être un propos recueilli sur le moment.
Un roi contraint par sa propre armée
Lors d’une campagne contre les Saxons, Clotaire reçoit des offres de paix accompagnées de promesses de tribut. Il veut les accepter. Ses guerriers refusent et, selon Grégoire de Tours, s’en prennent à leur propre roi : ils déchirent sa tente et menacent de le tuer s’il ne les mène pas au combat. Clotaire cède ; la bataille entraîne de lourdes pertes et il doit finalement demander la paix. Le récit renverse l’image d’un souverain tout-puissant. Le chef de l’armée dépend aussi d’hommes dont les attentes peuvent l’obliger à mener une guerre qu’il désapprouve.