Fils aîné de Clovis, Thierry gouverne depuis Reims la part orientale du royaume franc. Chef de guerre déjà adulte en 511, il étend l’influence franque vers la Thuringe et transmet son pouvoir à son fils Théodebert.
En 511, Thierry aborde la succession de Clovis avec l’expérience d’un chef de guerre et un fils déjà né, Théodebert. Il est issu d’une union antérieure au mariage avec Clotilde, mère de ses trois demi-frères. L’identité de sa mère et la date de sa naissance restent incertaines.
Avant même de régner, Thierry a accompagné les entreprises de son père. Grégoire de Tours le montre déjà comme un chef militaire, et sa présence dans la campagne contre les Wisigoths en 507 explique probablement le poids qu’il conserve au moment de la succession.
Depuis Reims, Thierry doit tenir ensemble des pays rhénans et des possessions beaucoup plus méridionales, notamment en Auvergne. Ces terres dispersées lui donnent plusieurs horizons militaires, mais l’obligent aussi à faire reconnaître son autorité loin de sa cour.
Au début de son règne, une attaque venue de la mer du Nord touche les côtes de son royaume. Thierry confie la riposte à son fils Théodebert, qui tue le chef Chlochilaich et repousse les assaillants. Le récit est précieux, mais sa date exacte demeure inconnue.
Le mariage de Thierry avec Suavegotha, présentée comme une fille du roi burgonde Sigismond, l’insère dans la diplomatie des royaumes voisins. Ce lien aide à comprendre pourquoi son attitude pendant les guerres de Burgondie ne se confond pas simplement avec celle de ses demi-frères.
Cette parenté n’empêche pas Grégoire de Tours de placer Thierry auprès de Clodomir à Vézeronce, en 524. La chronologie du passage pose toutefois problème : le chroniqueur pourrait avoir rapproché des opérations distinctes, et la présence personnelle de Thierry dans cette bataille reste discutée.
Thierry mène aussi une expédition punitive contre l’Auvergne, où son autorité a été contestée. L’épisode illustre la difficulté de gouverner des possessions méridionales éloignées de Reims et la violence avec laquelle le pouvoir royal peut rappeler ses droits.
Vers 531, il sollicite l’aide de Clotaire pour attaquer le royaume thuringien. La victoire franque étend leur influence au-delà du Rhin. Théodebert participe à la campagne, tandis que Radegonde, nièce d’un roi thuringien, est emmenée captive par Clotaire.
L’alliance avec Clotaire ne dissipe pas leur rivalité. Dans le récit de la campagne thuringienne, Grégoire prête à Thierry une tentative de meurtre contre son frère : des hommes armés attendent derrière une tenture, trop courte pour cacher leurs pieds. Ce piège manqué donne au chroniqueur une scène de la méfiance qui règne entre les deux alliés.
La fin de son règne est placée en 533 ou 534 selon les reconstructions. Grégoire compte vingt-trois années de règne, sans fournir une date civile qui supprimerait toute incertitude.
À sa mort, Childebert et Clotaire cherchent à écarter Théodebert. Soutenu par les grands de son royaume, le fils de Thierry conserve pourtant l’héritage paternel. Cette transmission réussie distingue la succession de Reims du sort réservé aux fils de Clodomir.