Anastase puis Justin à Constantinople
Lorsque Thierry devient roi en 511, l’Empire romain subsiste à l’est de la Méditerranée, avec Constantinople pour capitale. Anastase, qui avait accordé des honneurs à Clovis, y règne jusqu’en 518 ; Justin Ier lui succède. Les rois francs prennent donc place dans un monde où le prestige impérial reste vivant. L’Occident a plusieurs souverains, tandis qu’un empereur conserve en Orient une administration et des ressources à l’échelle de vastes provinces.
Aksoum intervient en Arabie du Sud
Vers 525, Kaleb, roi chrétien d’Aksoum, fait traverser la mer Rouge à son armée et renverse le souverain de Himyar, dans l’actuel Yémen. L’intervention répond notamment aux persécutions de chrétiens en Arabie du Sud et établit un pouvoir soutenu par Aksoum. Thierry est contemporain de cette royauté africaine capable de mener une guerre outre-mer. Le christianisme royal et les rivalités entre dynasties se jouent alors aussi entre les hautes terres éthiopiennes et la péninsule Arabique.
Le droit romain est réorganisé
Justinien, empereur à Constantinople depuis 527, confie à des juristes le rassemblement et la révision du droit romain. Un premier Code paraît en 529 ; le Digeste, qui organise les écrits des juristes anciens, et les Institutes, destinées à l’enseignement, suivent en 533, puis un Code révisé en 534. Cette entreprise coïncide avec les dernières années de Thierry. Elle montre un pouvoir impérial qui cherche à ordonner par l’écrit un héritage juridique immense, dont l’influence dépassera de beaucoup son règne.
La sédition Nika
En janvier 532, les violences liées aux factions de l’hippodrome de Constantinople se transforment en soulèvement contre Justinien. Le pouvoir impérial est menacé jusque dans sa capitale, avant une répression meurtrière. Une partie de la ville, dont la grande église Sainte-Sophie, a brûlé ; l’empereur lance sa reconstruction. Alors que Thierry mène ses campagnes à l’ouest, la survie de l’empereur dépend aussi de la maîtrise d’une foule urbaine et des troupes présentes dans la ville.
Le royaume vandale disparaît
En 533, Justinien envoie le général Bélisaire contre le royaume vandale d’Afrique du Nord. Carthage est prise et le roi Gélimer se rend en 534. L’Empire reprend ainsi une région riche et une position majeure sur les routes maritimes de la Méditerranée occidentale. La conquête se déroule à la fin du règne de Thierry, mort en 533 ou 534. Pour les royaumes issus de l’Empire d’Occident, Constantinople redevient une puissance capable de reprendre des territoires par les armes.
Les royaumes de l’Inde du Nord se recomposent
Au début du VIe siècle, la domination des Guptas se réduit dans l’Inde du Nord. Des groupes huna, venus par le nord-ouest, y imposent leur puissance, tandis que des souverains régionaux affirment leur autonomie. Il ne s’agit pas d’un effondrement survenu en une seule année : plusieurs autorités se disputent progressivement les terres et les ressources de l’ancien empire. Durant le règne de Thierry, l’Inde connaît ainsi une recomposition politique différente du partage familial franc de 511.
Des rois mayas gravent leur autorité
Au temps de Thierry, les cités mayas du sud du Mexique et de l’actuelle Amérique centrale possèdent leurs propres dynasties. Sur des stèles, les souverains font associer leur image à des dates, à des ancêtres et à des rites. L’écriture et les calendriers servent à inscrire leur autorité dans une durée qui dépasse leur vie. Ces royaumes, sans lien connu avec les Francs, offrent un autre exemple contemporain de pouvoir dynastique, appuyé sur des monuments et sur une histoire officielle.
Aryabhata explique le mouvement du ciel
Thierry est contemporain du savant indien Aryabhata, auteur en 499 de l’Aryabhatiya, un traité de mathématiques et d’astronomie. Il y explique le déplacement apparent des étoiles par la rotation de la Terre et calcule les éclipses à partir des positions du Soleil et de la Lune. Son texte, écrit en vers, se prête à l’apprentissage et au commentaire. L’Inde de cette époque possède ainsi une tradition savante capable de modèles mathématiques précis, tandis que sa carte politique se fragmente.